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Légendes urbaines et mythes surnaturels

Légendes urbaines, surnaturel, endroits hantés , mythes du monde entier à faire froid dans le dos

Fin d’un mythe : la Grande Muraille s’est perdue dans l’espace

Publié le 22 Septembre 2014 par joedalton in Lieux

LIBÉ DES GÉOGRAPHES

«Le mur d’Hadrien n’est dépassé que par la muraille de Chine, qui dessine une formidable figure sur le globe terrestre, et pourrait bien être visible depuis la Lune.»

William Stukeley antiquaire anglais du XVIIIe siècle

Intox

C’est une idée reçue qui a la vie dure : la muraille de Chine serait le seul monument du globe terrestre visible depuis la Lune. On la doit à un antiquaire anglais du XVIIIe siècle, William Stukeley, qui imagine la chose dans une lettre : «Le mur d’Hadrien n’est dépassé que par la muraille de Chine, qui dessine une formidable figure sur le globe terrestre, et pourrait bien être visible depuis la Lune.»

Aussitôt reprise dans les siècles suivants par de nombreux auteurs, l’idée devient mythe et la presse s’en empare. Le journaliste anglais Henry Norman écrit en 1895 dans un livre sur l’Extrême-Orient que la Grande Muraille a toujours été considérée comme la seule construction humaine visible depuis la Lune. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la conquête de l’espace est l’occasion rêvée de confirmer (ou non) la chose. En 1969, la question est ainsi posée aux astronautes de la mission Apollo XI, les premiers à avoir mis le pied sur le satellite. Neil Armstrong a toujours dit n’avoir jamais pu identifier la muraille de Chine de là-haut mais les astronautes Eugene Cernan et Ed Lu, eux, affirment avoir vu la Grande Muraille depuis l’espace, mais à 160, voire 320 kilomètres de la Terre. Ce qui reste quand même très loin de la Lune, distante de 384 000 kilomètres… La Nasa et l’Agence spatiale européenne (ESA) vont alors chercher à arbitrer la controverse. Et en 2004, l’ESA affirme ainsi que la Grande Muraille est visible sur une photographie prise à 600 kilomètres de la Terre.

DESINTOX

Longue de 6 700 kilomètres mais large de seulement six mètres, la Grande Muraille serait donc visible de si loin ? L’épingle chinoise est imposante, mais quand même… Reste que tout le monde n’a évidemment pas le privilège de séjourner dans la Station spatiale internationale pour admirer le paysage terrestre à plus de 320 kilomètres d’altitude ! Pour vérifier, montons plutôt dans l’espace en images. Tout un chacun peut en faire l’expérience sur Internet.

Comme dans les livres-jeux, Charlie est cette fois-ci en visite dans le secteur très touristique de Badaling, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Pékin. En bon marcheur, il arpente le chemin de ronde. A 1 000 mètres d’altitude, l’observateur embarqué identifie très aisément les cours d’eau, les infrastructures de transport et les bâtiments. Il pourrait presque voir Charlie près d’une tour de guet. Continuons l’ascension. A 15 kilomètres d’altitude, les grandes agglomérations, les lacs et le réseau hydrographique se distinguent bien dans les formations forestières. Mais, déjà, seul un œil aiguisé peut repérer la Muraille. Et quid du bonnet rouge et blanc de Charlie ?

A 160 kilomètres, et donc, a fortiori, à 320, Charlie ne peut plus compter que sur lui-même… Il est possible de confondre la muraille de Chine avec des éléments naturels ou d’importantes infrastructures linéaires bien plus larges. C’est d’ailleurs ce qu’a fini par reconnaître l’Agence spatiale européenne : la Grande Muraille identifiée sur la photo prise à 600 kilomètres d’altitude était en réalité un fleuve coulant non loin de là.

Tout est question d’échelles, dirait le géographe. Car jusqu’à une certaine altitude, la Grande Muraille est visible. Qui l’a vue au-delà n’est pas un brave, qui l’a vue en deçà conquiert la «bravitude» !

 A 1000m, 15 et 320 km. Image Google Earth A 1000m, 15 et 320 km. Image Google Earth A 1000m, 15 et 320 km. Image Google Earth

A 1000m, 15 et 320 km. Image Google Earth

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